¤ Montpellier en lutte contre l’exclusion

Les Journées de la solidarité se sont tenues les 15, 16 et 17 octobre, sous la devise : « Dites non à l’exclusion ». Une 4ème édition pour Montpellier, qui se classe dans le top 20 des villes les plus pauvres de l’hexagone, selon une étude du Compas dévoilée par Rue 89.

Les Journées de la solidarité : qu’es aquò ?

En lien avec la journée mondiale du refus de la misère, cette manifestation, menée sur seulement trois villes de France, rassemble une quinzaine d’associations, qui avec la municipalité, mettent en place divers évènements de sensibilisation à la lutte contre l’exclusion. Un combat qui veut couvrir tous les fronts : l’homophobie, la pauvreté, la lutte contre la faim et tous les types de détresse psychologique (solitude, suicide…).

Trois jours pour sensibiliser

Dès lundi soir, le cinéma Utopia ouvre le bal. En prologue : un appel à la tolérance envers les LGBT [1] à travers le regroupement de témoignages recueillis par le CMJ [2]. Court-métrage suivi du documentaire de Marine Place, Les choix de Valentin, sur l’engagement associatif, ou plutôt – pour reprendre les mots de sa réalisatrice – sur « la naissance d’un bénévole et d’un militant ». Près de 80 individus assistent à la projection-débat.

Mardi, une soixantaine de spectateurs profitent d’une représentation théâtrale à la salle Rabelais. La pièce intitulée A qui la France ? est jouée par un collectif de jeunes comédiens issus du Petit-Bard, quartier montpelliérain peu favorisé. Une dizaine d’acteurs en herbe se succèdent sur la scène avec pour thème de faire rire des clichés entre « Français » et « Arabes ». Opération rire réussie.

Le mercredi se clôture par une conférence au Corum, sur la violence faite aux pauvres. La journée, les associations présentent leur travail sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. Nouveauté de cette année : l’organisation en stands individuels laisse place à seuls quatre chapiteaux, aménagés par thématique : « être écouté » ; « quitter la rue » ; « accéder aux soins » ; « trouver à manger ». Jean-Louis Granger, responsable communication de la Banque alimentaire, met en avant l’échange inter-associatif : « ça permet d’échanger avec des métiers proches des nôtres ». A cela s’ajoute une expo photo, signée Isabel Garrido, intitulée Ils sont comme nous, traitant des SDF. Un concert a également été donné par un groupe aux « parcours extrêmement chaotiques », d’après les mots de l’adjointe au maire déléguée à l’exclusion, Annie Benezech. Le midi : un déjeuner est servi aux plus démunis.

Après avoir laissé sa trace sur un petit mur d’expression, Hélène Mandroux est interpellée par Lorenzo, un sans-abri. Assez révolté, l’homme s’est notamment plaint que le secours populaire ne soit pas ouvert pendant l’été. Une doléance vite esquivée par le maire qui poursuit son tour des stands. © M. Mensah

Après avoir laissé sa trace sur un petit mur d’expression, Hélène Mandroux est interpellée par Lorenzo, un sans-abri. Assez révolté, l’homme s’est notamment plaint que le secours populaire ne soit pas ouvert pendant l’été. Une doléance vite esquivée par le maire qui poursuit son tour des stands. © M. Mensah

« Mettre à l’honneur le travail associatif »

Si l’objectif est de changer le regard des montpelliérains sur l’exclusion, Annie Benezech, insiste sur l’hommage rendu aux associations au cours de ces trois journées. Partenaire de l’évènement, le directeur de l’Utopia, Arnaud Clapier, met en lumière lui aussi le « besoin vital qu’on parle d’eux ». Eux, ce sont les bénévoles, « des gens d’un genre surhumain », ajoute-t-il.

De fait, si dans Les choix de Valentin, l’adolescent confie un sentiment d’impuissance parfois, « Je me sens comme une petite fourmi ». Le travail est pourtant de taille. Les Restos du cœur ont ainsi servi 2 millions de repas à Montpellier l’an passé ; des enfants pauvres et des personnes âgées ont pu partir en vacances l’été, grâce à Saint-Vincent-Paul. Et la liste est longue.

Quelques exemples qui ne peuvent taire les difficultés que rencontrent des associations comme S.O.S amitié, dont 75 % des appels restent sans réponse, faute de bénévoles. Il en faudrait 6 000 ; ils sont 40 ! Ainsi, la manifestation a aussi été l’occasion pour les bénévoles, lors de discussions-débats, d’exprimer leurs doutes, leurs limites et leur besoin de reconnaissance. Si la Mairie a su donner un coup de projecteur aux différentes thématiques de la solidarité, l’évènement n’a cependant pas recueilli la sensibilité d’un très large public.

Co-auteur : Meddy Mensah

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